RODOLFO BIAGI
Manos Brujas


Rodolfo Biagi

J’ai toujours voulu mettre le piano plus en avant par rapport aux orchestres typiques qui ne se servaient de cet instrument que pour accompagner. C’est ce que j’ai pu mettre en pratique avec Juan D’Arienzo.

Rodolfo BIAGI (14/03/1906 – 24/09/1969) - Pianiste, chef d’orchestre et compositeur (~200 enregistrements)

Gregory Diaz
2012-12-01
Ne pas reproduire ce contenu sans autorisation.

RODOLFO BIAGI
Manos Brujas

Rodolfo Biagi est né à Buenos Aires dans le quartier de San Telmo. Après ses études primaires, il abandonne la salle de classe pour se consacrer à la musique. Il s’intéresse d’abord au violon, avant de s’apercevoir que son instrument de prédilection est le piano. A 13 ans déjà, et à l’insu de ses parents, il joue pour le cinéma muet puis se fait remarquer par Juan Maglio qui l’invite à jouer avec lui. Il commence alors une carrière de pianiste, compositeur et chef d’orchestre. A travers D’Arienzo, il influencera le Tango à la fin des années 30, et ses Manos Brujas (mains ensorcelées) nous font encore danser en milonga aujourd’hui.

1930 - Avec Carlos Gardel

1930, Biagi accompagne Carlos Gardel. L'orchestre également composé de 3 guitaristes et du violoniste Antonio Rodio, enregistre pour le label Odéon : Viejo Smoking, Buenos Aires, Aquellas Farras, mais aussi 2 foxtrots et une valse. Un peu plus tard, Gardel invite Biagi à le suivre en Espagne pour une tournée, mais il refuse et intègre les formations de Juan Bautista Guido et Juan Canaro (le frère de Francisco). C'est à cette époque qu'il compose le célèbre Tango Indiferencia.

1935 - Rodolfo Biagi et Juan D'Arienzo au Chantecler!

Les deux grands maestros se lient d'amitié et lorsque le contrat du pianiste Lidio Fasoli s'achève, D'Arienzo intègre Biagi dans son orchestre. Ce dernier apporte une influence importante en accélérant le tempo et avec ses transitions brillantes au piano. Le changement est notable à partir du Tango "9 de Julio" enregistré en décembre 1935.
"J'ai toujours voulu mettre le piano plus en avant par rapport aux orchestres typiques qui ne se servaient de cet instrument que pour accompagner. C'est ce que j'ai pu mettre en pratique avec Juan D'Arienzo."

1938 - Biagi quitte D'Arienzo et forme son propre orchestre

Biagi débute au cabaret Marabú, et nous voici avec 2 orchestres d'envergure à la fin des années 30 ! Juan D'Arienzo ne perd pas le métronome de vue ; Biagi met en oeuvre ses idées musicales novatrices et définit ainsi son style unique : El Incendio, El 13 (1938), La Maleva, Pura Clase (1939)… Le premier chanteur à intervenir est Teofilo Ibañez dans Gólgota (composé par Biagi). Lui succède Andrés Falgás en 1939 qui nous laisse des valses sublimes : Dichas que viví, Cielo, Dejame amarte aunque sea un día (1939)…

1940 - Biagi et Jorge Ortiz

1940, Rodolfo Biagi fait appel à Jorge Ortiz, probablement le chanteur le plus emblématique de l'orchestre de Biagi. Sa voix mélodieuse s'adapte parfaitement et ce duo connaît un très grand succès. Le premier enregistrement est Todo te nombra le 19 Juin 1940, mais vous dansez également sur Guapo y Varón, No le digas que la quiero (1940), Humillación, Ahora no me conoces (1941)…

D'autres chanteurs

De nombreux chanteurs interviendront également dans l'orchestre de Biagi. C'est le cas d'Alberto Lago, Carlos Acuña, Alberto Amor, Carlos Saavedra, puis Carlos Heredia, Carlos Almagro et Hugo Duval. Ce dernier, tout aussi emblématique qu'Ortiz, arrive en 1950 et demeure jusqu'à la dissolution de l'orchestre. Il nous laisse des interprétations sublimes : Espérame en el cielo (1957), Todo es amor, (1958) En el lago azul (1959)…

Analyse du style de Rodolfo Biagi

Le style de Rodolfo Biagi est principalement basé sur le rythme. Comme Juan D'Arienzo, Biagi marque généralement 4 accents par mesure et donne ainsi la sensation d'un tempo plus accéléré et soutenu. Néanmoins, là où D'Arienzo demeure un véritable métronome qui ne décélère pas, Biagi est moins systématique et s'autorise quelques passages plus posés, au profit de la mélodie et du chant. Cette caractéristique plus évidente à partir de 1942 (Si de mi te has olvidado, Lison, Tus labios me dirán…), apporte une dimension sentimentale. Biagi consacre souvent une phrase mélodique à l'ensemble de ses violons qu'accompagne une ligne de bandonéons rythmiques. Enfin, le piano tient une place cruciale : il ponctue les fins de phrases par un arpège rapide et dynamique, typique du maestro, et exécute souvent un solo sur le thème principal avant la variation finale des bandonéons et/ou la dernière partie chantée. Mais la principale singularité de Rodolfo Biagi repose sur l'utilisation quasi systématique des contretemps…

Biagi a contretemps

La mesure et la pulsation constituent la base rythmique permettant aux musiciens et aux danseurs d'être en phase. El Compas ! Mais qu'en est-il des contretemps ? Pour mieux comprendre, prenez un Tango écrit en 2 temps/mesure, un tempo de 60 pulsations/minute et une analogie toute simple : la pendule de grand-mère !

Un peu de vocabulaire… La pulsation intervient à chaque fois que la pendule est complètement à gauche ou complètement à droite, c'est-à-dire toutes les secondes. Quant à la mesure, elle dure le temps d'un aller-retour complet, soit 2 temps. En général, les musiciens exécutent un accent fort sur chaque pulsation (pendule tout à gauche ou tout à droite) et tout va bien dans le meilleur des mondes : les danseurs se repèrent facilement au pas de l'horloge de mère-grand. Mais quand la richesse musicale s'en mêle et que l'orchestre exécute des accents forts à coté de la pulsation, une multitude de possibilités rythmiques s'ouvrent alors. Le contretemps en fait parti. Il s'agit d'un accent au moment où la pendule est à la verticale, pile entre 2 pulsations.

Le mieux reste à venir… Pour que l'effet de surprise fonctionne, il suffit de supprimer l'accent habituel sur le temps d'avant ou le temps d'après, voire les deux. Les danseurs se retrouvent donc à marcher sur des silences tandis que des accents orchestraux apparaissent entre deux pas, en l'air ", de quoi se sentir franchement déboussolé. Vous vous en doutez, c'est ce que Rodolfo Biagi prend un malin plaisir à faire, notamment en fin de phrase musicale. Pour illustrer le propos, il n'y a point de meilleur exemple que Belgica (1942) dont l'arrangement est une perle atypique. Mais Biagi a également poussé le vice sur la milonga Soy del 90 interprétée par Carlos Acuña en 1943.

Astuces pour reconnaître Biagi en milonga

Pour reconnaître Rodolfo Biagi en milonga, il suffit de repérer...

  • Son style épuré et rythmé
  • L'utilisation régulière d'accents sur les contretemps
  • Les transitions dynamiques et brillantes au piano
  • L'utilisation de solos de piano reprenant le thème principal

Sinon, quand tu sens que tu fais 2 avec la musique… :-)

Gregory Diaz
2012-12-01
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