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JUAN D’ARIENZO (14/12/1900 – 14/01/1976)
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© Gregory Diaz - Merci de ne pas reproduire ce contenu sans autorisation

Juan D'Arienzo

 

1928 - SES PREMIERS ENREGISTREMENTS
1935 - AU CHANTECLER
1936 - EL REY DEL COMPAS À RADIO EL MUNDO
1938 - LA PREDOMINANCE DU RYTHME
1942 - ET LA MELODIE ?
1950 - LES ANNEES 50
1957 - QUELQUES CHANGEMENTS

1928-1976 - LES CHANTEURS DE JUAN D'AREINZO

 

Juan D'Arienzo (14/12/1900–14/01/1976) "El Rey del Compas" est une des figures les plus importantes et les plus connues du Tango Argentin. Compositeur, Violoniste et Directeur, son style nerveux et rythmé a fait son succès. Il enregistre plus de 1000 titres durant sa carrière, une véritable discographie à lui tout seul !

Cet article retrace l'historique de ce maestro, les principaux changements au sein de son orchestre et les évolutions de son style..

 

1928 - LES PREMIERS ENREGISTREMENTS

 

Vers 1928, Juan D’Arienzo crée une formation typique qui enregistrera une quarantaine de titres pour le label Electra. Il s’agit de ses premiers enregistrements. Ces derniers ne sont pas très connus aujourd’hui. On ne reconnaît pas encore le style dont nous avons l’habitude et qui fera son succès à la fin des années 30. Le rythme est lent, le chant correspond à l’époque. On distingue toutefois un détail musical propre à D’Arienzo : la « cuarta cuerda » (quatrième corde), fameux violon sentimental jouant souvent un contre chant au second plan et en utilisant le glissando. Cet orchestre a enregistré 44 titres entre 1928 et 1929, et était composé des musiciens suivant:

PIANO: Juan Carlos Howard - Juan Polito - Alfonso Lacueva - Vicente Gorrese
CONTREBASSE: Juan Puglisi - Alfredo Corletto 
BANDONEONS: Ciriaco Ortiz - Nicolas Primiani - Florentino Ottaviano,  et probablement Pedro Maffia et José Servidio
VIOLONCELLE : Neron Ferrazano 
VIOLONS : Alfredo Mazzeo - Juan D’Arienzo - Luis Cuervo 
CHANT: Carlos Dante (1928) - Francisco Fiorentino (1929)  

Quelques éléments sont à noter :
- Juan D’Arienzo participe en tant que violoniste, ce qui n’est pas le cas dans la suite de sa carrière (il reste debout face à ses musiciens).
- Cette formation inclue un violoncelle, instrument qu’il n’utilisera plus ensuite
- La présence de Florentino Octaviano, qui ne serait autre que le chanteur Francisco Fiorentino assumant le double rôle bandonéoniste-chanteur et qui deviendra plus célèbre auprès d’Anibal Troilo, entre autres.
Cet orchestre accompagnera également les chanteurs Carlos Dante et Raquel Notar en tant que solistes.

 

1935 - AU CHANTECLER

 

24 Juin 1935, Carlos Gardel meurt ; le Tango s’en ira-t-il avec lui ? Dans cette ambiance générale peu propice, Juan D’Arienzo va lui redonner du souffle presque tous les soirs au cabaret Chantecler. Les arrangements sont marqués avec 4 accents forts par mesure, au lieu de 2 habituellement, ce qui donne une impression de rythme plus soutenu. Le label RCA Victor signe D’Arienzo pour l’enregistrement de quelques thèmes instrumentaux. Nous sommes le 2 Juillet 1935 et voici la composition de l’orchestre jusqu’à la fin de cette année la.

PIANO : Lidio Fasoli 
CONTREBASSE : Rodolfo Duclos 
BANDONEONS : Domingo Moro - Juan Jose Visciglio - Faustino Taboada 
VIOLONS : Alfredo Mazzeo - Domingo Mancuso - Leon Zibaico 

Il paraîtrait qu’Anibal Troilo, Jorge Argentino, Fernandez et Hugo Baralis (membres alors du sextet Elvino Vardaro) complétaient l’orchestre à certaines occasions et dans certains premiers enregistrements de 1935.

 

1936 - EL REY DEL COMPAS À RADIO EL MUNDO

 

D'Areinzo Radio El Mundo     D'arienzo Biagi

Très rapidement, D’Arienzo fait la connaissance du pianiste Rodolfo Biagi qui vient de quitter Juan Canaro (le frère de Francisco Canaro qui est bien plus connu) et joue tous les soirs également au Chantecler. C’est à cette époque qu’il reçoit le surnom de « El Rey del Compas » (le roi du tempo), attribué par le présentateur artistique. Juan et Rodolfo se lient alors d’amitié et lorsque le contrat de Fasoli s’achève, D’Arienzo intègre Biagi dans son orchestre. Ce dernier va apporter une influence très importante en accélérant le tempo et avec ses transitions brillantes au piano. Il portera d’ailleurs le surnom de « Manos Brujas » (mains ensorcelées). Le changement est notable à partir du tango « 9 de Julio ». Nous sommes en Décembre 1935.

L’année suivante, Juan D’Arienzo joue à Radio El Mundo et agrandit sa formation avec 2 bandonéons et un violon supplémentaires. D’Arienzo connait un fort succès et aura une forte influence sur le style musical de son époque.

PIANO : Rodolfo Biagi – César Zagnoli (suppléant) 
CONTREBASSE : Rodolfo Duclos  
BANDONEONS: Domingo Moro - Juan Jose Visciglio - Faustino Taboada - Aroldo Ferrero - José Della Rocca
VIOLONS : Alfredo Mazzeo - Domingo Mancuso - Leon Zibaico - Francisco Mancini  

Les danseurs connaissent tous le célèbre Tango “Paciencia” enregistré par cet orchestre en 1937, composé par Juan D’Arienzo et Francisco Gorrindo et chanté par Enrique Carbel.

 

1938 - LA PREDOMINANCE DU RYTHME

 

darienzo1941


D'arienzo Cumparsita Punalada

En Juillet 1938, Rodolfo Biagi quitte D’Arienzo pour créer sa propre formation, avec laquelle il enregistrera pour le label Odeon de nombreux succès. Il est remplacé par Juan Polito, qui est sans doute le pianiste le plus important de l’orchestre de D’Arienzo (il était déjà là en 1928 et nous en reparlerons jusqu’aux derniers enregistrements).
Le succès au rendez-vous, El Rey del Compas poursuit dans le style et va même accélérer encore le tempo jusqu’en 1941. Le rythme et les accents souvent nerveux prédominent sur la mélodie qui est parfois à peine suggérée. Les bandonéons sont au premier plan et plus nombreux que les violons ; le piano garde toute sa place en complétant la base rythmique.
Ce style remet le Tango au cœur des argentins et influence tous les orchestres de l’époque, qui vont suivre la tendance avec des arrangements plus accentués et plus rapides. C’est d’ailleurs un passage quasiment obligé pour être signé par les maisons de disques et donc pouvoir enregistrer en studio. Nous entrons dans l’âge d’or du Tango…

PIANO : Juan Polito - Alberto Vaga (suppléant)
CONTREBASSE : Pedro Caracciolo 
BANDONEONS : Domingo Moro - Juan Jose Visciglio - Faustino Taboada - Aroldo Ferrero - José Della Rocca
VIOLONS : Alfredo Mazzeo - Domingo Mancuso  - Leon Zibaico - Francisco Mancini 

D’Arienzo disait (propos formulé en 1949) : Pour moi, le Tango c’est avant tout, du rythme, du nerf, de la force et du caractère. Le tango d’autre fois, celui de la « guardia vieja » avait tout ça, et nous devons faire en sorte qu’il ne le perde jamais.

 


En mars 1940, tous les membres de l’orchestre quittent le maître qui doit recréer une toute nouvelle formation. Hector Varela a le rôle d’arrangeur et Fulvio Salamanca remplace Polito au piano.

PIANO : Fulvio Salamanca - Sup. Rodolfo Velo puis Juancito Diaz
CONTREBASSE : Olindo Sinibaldi
BANDONEONS : Hector Varela - Eladio Blanco - José di Pilato - Alberto San Miguel - Jorge Ceriotti
VIOLONS : Cayetano Puglisi - Blas Pensato - Jaime Ferrer - Clemente Arnaiz

Cette formation enregistrera en novembre 1943, le disque le plus vendu dans l’histoire du Tango. Ce disque contient La Cumparsita d’un coté et La Puñalada sur l’autre face. La photoci-contre date de 1957 lors de la remise du disque d'or RCA Victor ; 10.000.000 de disques.

 

1942 - ET LA MELODIE ?

 

Juan D'arienzo

A partir de 1942, la mode du rythmé et rapide change peu à peu au profit des phrases musicales. De nombreux orchestres participent à ce changement ; par exemple Carlos Di Sarli qui utilise davantage les violons et privilégie la mélodie. Cette fois, c’est Juan D’Arienzo qui va suivre la tendance en ralentissant légèrement son tempo et en remettant la mélodie au niveau de la rythmique, qui restera toutefois très présente comme à son habitude. Hector Mauré joue également un rôle important dans ce changement grâce à son phrasé plus lié qui survole la pulsation avec un rare talent et crée ainsi un certain équilibre entre rythme et mélodie.

Vers le milieu des années 40, Jorge Ceriotti sera remplacé par Salvador Alonso (cousin d’Hector Varela) et Luis Pinotti, ce qui augmente la ligne des bandonéons à 6. On retrouve alors la composition orchestrale suivante:

PIANO : Fulvio Salamanca - Sup. Rodolfo Velo puis Juancito Diaz 
CONTREBASSE: Olindo Sinibaldi 
BANDONEONS : Hector Varela - Eladio Blanco - José di Pilato - Alberto San Miguel - Salvador Alonso - Luis Pinotti
VIOLONS : Cayetano Puglisi - Blas Pensato - Jaime Ferrer - Clemente Arnaiz 

Dans la même période, le style va perdurer tout en subissant une légère augmentation du tempo (qui avait ralenti à partir de 1942). Cette accélération se fait très progressivement en fonction des tangos, sans forcément suivre une règle stricte dictée par une « mode » comme ça pouvait être le cas auparavant. Peut-on parler de retour en 1938 ? Certes D’Arienzo revient à sa recette de base mais sans effacer les dernières années ni les phrasés mélancoliques.

 

LES ANNEES 50

 

Entre mai et septembre 1950, l’orchestre d’El Rey del Compas va subir quelques changements. Le contrebassiste Olindo Sinibaldi meurt et Hector Varela quitte le groupe pour créer son propre orchestre. Il est suivi par Alberto San Miguel, Salvador Alonso et Luis Pinotti. Le rôle d’arrangeur porté par Varela jusqu’alors, revient au pianiste Fulvio Salamanca. Ces modifications ont un léger impact sur le style. Tandis que l’orchestre des années 40 était plus lent, avec une tessiture plus grave, cette formation est plus accélérée et brillante :

PIANO : Fulvio Salamanca                               
CONTREBASSE : Vistorio  Vigilito&nbs         
BANDONEONS : Enrique Alessio - Carlos Lazzari - Eladio Blanco - Felipe Ricciardi - Aldo Junnissi
VIOLONS : Cayetano Puglisi - Blas Pensato - Jaime Ferrer - Clemente Arnaiz

 

1957 – QUELQUES CHANGEMENTS

 

Valdez Palma

Nous voici donc en 1957, et quelques changements vont encore se produire. Fulvio Salamanca quitte D’Arienzo pour former son propre orchestre. Il sera remplacé par Juan Polito (le retour), tandis que Carlos Lazzari se charge des arrangements jusqu’à la fin (1975). Les chanteurs Alberto Echague et Armando Laborde partent également. D’Arienzo aura recours à deux grandes voix : Mario Bustos et Jorge Valdez. Echague reviendra en 1968 et Laborde en 1964.

PIANO : Juan Polito                                                          
CONTREBASSE : Vistorio Vigilito                                    
BANDONEONS : Enrique Alessio - Carlos Lazzari - Eladio Blanco - Felipe Ricciardi - Aldo Junnissi
VIOLONS : Cayetano Puglisi - Blas Pensato - Jaime Ferrer - Clemente Arnaiz

La voix humaine doit être un instrument supplémentaire de l’orchestre et rien de plus. Tout sacrifier au « chanteur d’opéra » est une erreur. Disait D’Arienzo en 1949. A partir de 1957, il va néanmoins faire briller ces chanteurs un peu plus qu’à son habitude, avec des parties chantées plus longue et des voix plus présentes.

Les changements qui se produiront après 1957 sont les suivants :
- 1959 : Ernesto Franco remplace Eladio Blaco au bandoneon
- 1961 : Clemente Arnaiz et Enrique Alessio sont remplacés par Pablo Hechin et Celso Amato
- 1963 : Raul Dominguez remplace Pablo Hechin au violon
- 1968 : Bernardo Weber remplace Cayetano Puglisi au violon

D’autres musiciens sont intervenus jusqu’en 1975. Ils ne sont pas tous cités ici.

 

LES CHANTEURS DE JUAN D'ARIENZO

 

Nombreux sont les chanteurs ayant rejoint Juan D'Arienzo. Certains comme Alberto Echague sont des figures emblématiques de l’orchestre, d’autres ont fait des passages plus court ou n’ont pas eu l’occasion d’enregistrer. Voici une liste dans l’ordre chronologique :

1928/29 Carlos Dante (premiers enregistrements)
1929/29 Francisco Fiorentino, plus connu pour ces tangos enregistrés ensuite avec Anibal Troilo.  
1934 Rafael Cisca, dont il n'existe aucun enregistrement.
1936 Walter Cabral, 1er chanteur avec D'Arienzo pour la maison de disque RCA Victor.
1936 Lui succède Mario Landi qui ne laisse malheureusement aucun enregistrement.
1937 Enrique Carbel, qui enregistre le célèbre tango "Paciencia".
1938 Alberto Echagüe, qui est la voix la plus caractéristique de l'orchestre de D'Arienzo.
1940 Alberto Reynal (16 titres), puis Carlos Casares (3 titres).
1940 Hector Mauré, qui remplace Casares en décembre 1940. Il reste environ 3 ans puis quitte l'orchestre pour cause de maladie.
1942 Juan Carlos Lamas jusqu’en 43.
1944 Alberto Echagüe de retour jusqu’en 1957.
1944 Armando Laborde jusqu'en 1950, également un chanteur très important dans l'histoire de D'Arienzo, avec de nombreux succès.
1950 Roberto Lemos remplace Laborde.
1952 Armando Laborde de retour jusqu’en 1952 et auprès d'Echagüe qui est toujours la...
1956 Libertad Lamarque pour 2 titres.
1957 Mario Bustos et Jorge Valdéz ; chant plus présent et plus lyrique à cette époque.
1961 Horacio Palma remplace Bustos en 61.
1962 Hector Millan (9 titres) s'ajoute en 62.
1964 Armando Laborde jusqu’à la fin
1965 Osvaldo Ramos remplace Valdez jusqu’à la fin
1968 Alberto Echagüe jusqu’à la fin
1971 Mercedes Serrano pour 2 titres : "Nada Mas" et « Con alma de Tango »

 

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